Robotique

Publié le par Julien B.

 


Robots : sex toys du futur?

 

          
La fin des années 80 a inspiré les réalisateurs de films de science-fiction. On pouvait voir des robots côtoyer des humains dans un futur qui nous est maintenant proche. La science-fiction a imaginé des scénarios et fait
espérer beaucoup plus que ce qui existe. En ce début de XXIe siècle on ne constate pas encore de Robocop ou de Terminator dans nos rues mais des chercheurs évoquent plutôt des interactions sexuelles avec des androïdes dans les prochaines décennies.

 

Le robot peut remplacer l’homme dans une multitude de situations. Cependant, il faut rester vigilant aux effets pervers de son introduction dans la société prévenait l’américain Norbert Wiener, fondateur de la cybernétique. En investissant dans la robotique, les machines permettent de remplacer une main-d'œuvre à rémunérer et d'accroître la productivité. Outre le champ économique, le robot peut aussi divertir l’homme, lui faciliter la vie, le servir et il devrait bientôt envahir le champ de l’intime. Il semble pouvoir se comporter comme l’être humain et lui ressembler physiquement.

 
Dans une cinquantaine d’années, David Levy, chercheur britannique en intelligence artificielle, pense que l’homme aura des interactions avec les robots. Des interactions assez intimes. « Et si c'était vrai ? S'il ne leur manquait plus que l'apparence humaine pour nous séduire ? », se demande la journaliste Catherine Vincent, du Monde. Le robot pourrait devenir un partenaire sexuel infaillible et réaliser tous les fantasmes de l’homme. Finis « les pannes » mesdames et vous disposerez d’un partenaire infatigable à toute épreuve. Et vous messieurs, vous ne subirez plus les maux de tête de votre partenaire ou l’inéluctable « pas ce soir chéri ».



Problèmes d’éthique

         
Si le robot envahit le champ du couple, alors un problème d’éthique se pose. Si l’homme - ou la femme - peut faire l’amour avec un robot, comment va se comporter l’autre partenaire humain ? « Tromper son conjoint avec un robot est-il assimilable à l’adultère ? », se questionne Catherine Vincent. Un autre problème se pose : peut-on envisager le mariage avec un cyborg ? Et comment va réagir la famille ?

 

L’automate à l’aspect humain, le sera peut-être physiquement mais il semble inconcevable qu’il remplace le partenaire humain pour la reproduction. Pourtant David Levy pense qu’il sera possible de concevoir un enfant en dehors de l’acte sexuel physique. Alors le robot pourrait être assimilé à un objet sexuel plus ou moins développé pour assouvir l’humain qui n’aura plus besoin de faire l’amour pour la reproduction.

 

Faire l’amour à un robot, à n'importe quels moments et lieux est sûrement une solution aux viols commis par des détraqués sexuels. L’homme-robot ou plutôt la femme-robot est-elle une solution à la prostitution ? Et l’enfant-robot à la pédophilie ? On ne peut penser que les premiers objectifs des chercheurs s’orientent vers ces objectifs. Mais certaines sociétés seraient prêtes à exploiter ce nouveau marché du sexe. C’est un secteur économique prometteur et les sociétés intéressées pourraient se tourner plutôt vers certaines catégories de personnes comme les célibataires.

 

Si jamais, un jour, le robot réalise les fantasmes de l’homme, cette technique dont les investissements seront sûrement coûteux ne se généralisera pas dans les pays pauvres. Il y aura alors un décalage psychologique entre les pays du Nord et du Sud. Il faut avant tout s’intéresser à la définition et à l’usage que l’on doit donner au cyborg pour éviter ces décalages. Considérer le robot comme un sex toys développé est peut-être une solution... 

 


 

L’homme, le cyborg de demain?

 

«  Il est probable que l’homme devienne un cyborg », selon le chercheur Jean-Claude Heudin, et l’inverse semble plus difficile. La robotisation dans le sens transformer un humain en robot, est bien présente mais sous une forme encore infime ou partielle. Pour le moment, elle s’illustre par des appareils permettant à l'être humain d’améliorer des déficiences (auditive, pulmonaire…). Ces substitutions artificielles sont liées avec les progrès dans les domaines de l’électronique, l’informatique et du fonctionnement du corps humain. Dans quelques décennies, sera-t-il possible de substituer un membre ou un organe défectueux par un membre artificiel ? Ce n’est pas impossible car il y a quelques siècles on ne pouvait imaginer l’utilisation d’un pacemaker.

           

L’homme utilise ce genre de techniques pour compenser une déficience et améliorer sa durée de vie. Et sera-t-il possible d’augmenter les capacités d’un corps en « bonne condition physique » ? L’augmentation des performances ne sera peut-être pas tolérée dans les milieux sportifs. Pour le moment, les athlètes handicapés participent aux jeux paralympiques à l’image de Oscar Pistorius, sprinteur sud-africain, double amputé des jambes et qui a remporté le 100 m, à Pékin en 2008. Pour que la compétition soit équitable, les athlètes sont regroupés par catégories selon leur handicap (physique ou visuel). L'objectif est de faire concourir ensemble des athlètes ayant des aptitudes fonctionnelles comparables. Il faudra sûrement imaginer une nouvelle catégorie pour des athlètes dont le corps, en bonne condition physique, est « amélioré » par la robotique.

 

Enfin l’espérance de vie augmentera sûrement, mais jusqu’à la vie éternelle ? En attendant, il faudra résoudre le problème de l’énergie utilisée par ces « robots-humains ». Pour le moment aucun être vivant ou robotique ne peut vivre sans énergie et la vie éternelle est peu probable sans énergie inépuisable.

 

 

Bibliographie :

 

LEVY, David. Love and Sex with Robots: the Evolution of Human-Robot Relationships. Ed. HarperCollins (en anglais, disponible sur Amazon.com).

VINCENT, Catherine. Faire l’amour en 2050, Le Monde, 23 mars 2008.

Photo: http://www.lepost.fr/

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