Enseignement supérieur

Publié le par Surexposure


Les diplômes du Vatican bientôt dans les "cathos"


Palais universitaire, université Catholique de l'Ouest - Angers. Source : Flickr



Un récent accord permet au Vatican de délivrer des diplômes universitaires dans les instituts catholiques. Les cathos ne rendront aucun compte à l'Etat français qui perd son monopole.


Paru au Journal officiel du 19 avril 2009, un décret rend applicable un accord signé en décembre 2008 entre Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et le Vatican. Par cet accord, la France s'engage à reconnaître les diplômes délivrés par "les universités catholiques, les facultés ecclésiastiques et les établissements d'enseignement supérieurs dûment habilités par le Saint-Siège". Ainsi, il
autorise le Vatican à valider les diplômes des cinq instituts supérieurs d'enseignement catholiques de France : Paris, Angers, Lille, Lyon et Toulouse.
Les "cathos" créés par l'Eglise à la fin du XIXe siècle ne rendront aucun compte à l'Etat Français y compris pour les matières enseignées dites « profanes », telles la communication, l'économie ou les mathématiques, sans rapport avec un quelconque enseignement religieux. Jusqu'à présent, seul l'enseignement public était en charge des examens et pouvait valider des diplômes par des conventions avec des universités d'Etat ou bien via un jury désigné par les recteurs d'académie et chargé d'évaluer les candidats.

 

Quel légitimité pour les diplômes du Vatican ?

Le nouveau texte induit que ces diplômes seront automatiquement reconnus par l'Etat et sous ce décret, l'accord est justifié par la construction d'un espace européen de l'enseignement supérieur pour 2010. Dans ce cadre, les 46 pays signataires reconnaissent les diplômes délivrés par leurs voisins, ce qui permet aux étudiants de valider des acquis et de les poursuivre dans un pays étrangers.
Outre cet avantage, "les étudiants courent le risque qu'on leur rie au nez avec leur diplôme du Vatican" déplore Christine Fourage, enseignante en sociologie, dans une interview de Didier Paillat, journaliste au Courrier de l'Ouest. Alors y a t-il un risque de clivage public/privé sur le marché du travail ?



Publié dans Education

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